IIIème partie

Elena Simina Tănăsescu, Professeur agrégé des Facultés de Droit, Université du Bucharest, La liberté dans l’art
La liberté individuelle constitue le noyau des sociétés modernes et la liberté d’expression reste une des libertés fondamentales de base dans toute démocratie libérale. Alors que le point de départ dans la protection juridique de la liberté d’expression a été la libre expression politique ou la liberté de la presse, de nos jours il y a une large variété des formes d’expression (orale, écrite, par images, par sons, gestes, actions, inactions, etc.) qui peuvent bénéficier de cette protection.

De l’autre côté, l’art reste une des valeurs des sociétés contemporaines les plus importantes et les plus difficiles à définir. L’art peut être aussi une action ou un objet ou un ensemble d’actions ou d’objets créés avec l’intention de véhiculer des idées ou des émotions. Il semblerait donc raisonnable que l’art, en tant qu’une des formes que l’activité humaine peut emprunter, soit protégée au niveau juridique de la même manière dont ont protège toutes les autres formes d’activité humaine.

Cet article essaye de comprendre la relation complexe qui s’établit entre l’art et la liberté dans les sociétés contemporaines (postmodernes), dans un contexte où l’art aspire vers l’absolu et la liberté ne peut pas être absolue. Le point de départ a été l’observation factuelle que, dans la tendance, les sociétés contemporaines considèrent la création artistique comme une forme spéciale d’activité humaine et la liberté artistique comme méritant un traitement spécial, plus protecteur ou plus tolérant.

Toutefois, lorsqu’on pose un regard juridique sur ce constat, l’art ne semble plus jouir d’un tel régime privilégié. Les Etats peuvent utiliser des instruments de nature législative ou jurisprudentielle et peuvent agir au niveau national ou international. Avec peu d’exceptions, les Etats traitent la liberté artistique plutôt comme toutes les autres libertés fondamentales, dotées des habituelles limitations et restrictions dans leur exercice, et, parfois, même assujettie à des tests et des critères plus rigoureux que les autres droits fondamentaux.
« dos