2014
Simina Elena TĂNĂSESCU, Professeur Faculté de Droit, Université de Bucarest, L’épistémologie du droit constitutionnel roumain
Le présent article présente d’une manière générale l’épistémologie assumées par la doctrine de droit constitutionnel de la Roumanie depuis la période communiste et jusqu’à nos jours. Au niveau rhétorique l’épistémologie du droit constitutionnel roumain de la période communiste était rattachée au positivisme juridique. En fait, la méthodologie usitée n’était autre qu’une caricature de cette respectable forme de formalisme juridique, une déplorable glorification de l’exégèse des mots dans lesquels étaient formulées les règles juridiques, sans aucun intérêt pour leur contenu, c’est-à-dire pour les réalités sociales auxquelles ces règles renvoyaient. Après la chute du communisme la doctrine roumaine de droit constitutionnel a manifesté une certaine réticence, voir même rejet de la méthode positiviste en droit. Malgré cela, la libération de ce qu’on pourrait qualifier comme une certaine pauvreté des ressources intellectuelles de l’épistémologie du droit constitutionnel a permis le développement de toute une variété des méthodes, qui vont de l’approche axiomatique-formaliste (Bucarest) à celle empiriste (Iasi), alors que l’approche relationnelle et structurelle (Cluj, Craiova, Timisoara) a remplacé l’ontologie mécaniciste du passé et a rendu possible aussi bien la survie du néo-positivisme contemporain tout comme l’avènement du relativisme contextuel (Sibiu). La dernière partie de cet article identifie les principaux traits caractéristiques des épistémologies constitutionnelles à la mode dans la Roumanie contemporaine, respectivement la méthode comparé et néo-réalisme exégétique de la jurisprudence, et avertit sur les possibles dangers qu’elles peuvent engendrer, dangers qui devraient être évités.
Mots-cle: épistémologie; exégèse légale; positivisme juridique; interprétation juridique; droit constitutionnel; droit comparé
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